Bija Industrie est victime d’une cyberattaque avec extorsion revendiquée par le groupe de ransomware MedusaLocker. Les cybercriminels affirment avoir exfiltré des données de l’entreprise et réclament désormais 50 000 dollars.
Pour prouver leur accès, les attaquants ont déjà rendu accessible un important échantillon de 5 109 fichiers. Ils revendiquent également l’extraction de 693 e-mails.

Bija Industrie, une entreprise spécialisée dans l’industrie de précision
Bija Industrie évolue dans le secteur aéronautique et fournit notamment des solutions, équipements et prestations destinés aux professionnels. Dans ce contexte, les données récupérées peuvent contenir des informations commerciales, comptables ou techniques relatives à l’entreprise et à ses partenaires.
Plus de 5 000 fichiers sont déjà consultables
Contrairement à une simple revendication accompagnée de quelques captures d’écran, les attaquants ont publié un échantillon particulièrement conséquent. L’espace de consultation affiche 5 109 fichiers répartis sur 52 pages.
Une grande partie des éléments visibles sont des fichiers XML provenant manifestement d’outils de gestion de l’entreprise. Plusieurs documents remontent à 2022, ce qui montre que l’archive contient notamment des données historiques conservées dans le système d’information.

Devis, commandes, montants et données comptables dans l’échantillon
Nous avons consulté plusieurs éléments de l’échantillon publié. Les fichiers ne sont pas de simples documents techniques : certains contiennent des informations commerciales et comptables structurées.
- références de devis et de commandes ;
- numéros de documents internes ;
- dates de documents et de livraison ;
- montants hors taxes et toutes taxes comprises ;
- codes comptables ;
- identité des entreprises concernées par les opérations ;
- adresses de facturation ou de livraison ;
- frais de transport ;
- commentaires internes associés à certaines commandes ou prestations.
Un fichier visible dans l’échantillon fait par exemple référence à un devis, une commande, une prestation d’étalonnage, différents montants HT et TTC ainsi qu’à des informations de livraison. Ces éléments montrent que les attaquants disposent bien de données provenant de processus commerciaux internes.
693 e-mails auraient été volés
MedusaLocker affirme en parallèle avoir extrait 693 e-mails. Leur contenu exact n’est pas documenté dans les éléments dont nous disposons, mais une messagerie professionnelle peut révéler des échanges avec des clients et fournisseurs, des pièces jointes, des projets en cours ou encore des informations internes.
Le croisement entre ces messages et les documents commerciaux déjà publiés peut également faciliter des attaques de phishing extrêmement ciblées en réutilisant de véritables noms de partenaires, références de commandes ou montants.
50 000 dollars réclamés à Bija Industrie
Les cybercriminels réclament une rançon de 50 000 dollars. La publication de milliers de fichiers sert directement de moyen de pression contre Bija Industrie : les attaquants démontrent qu’ils possèdent des données internes tout en laissant planer la menace d’une diffusion plus importante.
MedusaLocker est un groupe utilisant des attaques par ransomware et l’extorsion de données. La présence de fichiers sur son infrastructure permet ici d’établir une revendication d’exfiltration. En revanche, les éléments disponibles ne permettent pas de confirmer précisément quels systèmes de Bija Industrie auraient éventuellement été chiffrés.
Des données commerciales qui peuvent exposer les partenaires
Les documents déjà visibles montrent que la fuite peut dépasser le seul périmètre interne de Bija Industrie en révélant des relations avec des fournisseurs, prestataires ou clients. Rien n’indique toutefois que les systèmes informatiques de ces entreprises tierces aient eux-mêmes été compromis.
À ce stade, l’échantillon de 5 109 fichiers et les 693 e-mails revendiqués montrent une compromission suffisamment importante pour exposer des informations commerciales et comptables de Bija Industrie. Le volume total réellement exfiltré et l’étendue complète de l’attaque restent à déterminer.