Alaxione, entreprise française spécialisée dans la e-santé, fait l’objet d’une revendication de fuite de données d’une ampleur particulièrement importante. Un cybercriminel affirme avoir récupéré 12,8 Go de données représentant environ 18 millions de lignes issues de plusieurs tables de la plateforme.
Le principal fichier revendiqué contient 6 835 489 lignes liées aux utilisateurs, tandis qu’un second rassemble 10 145 988 rendez-vous. Cyberattaque.org s’est procuré un échantillon de 1 000 lignes afin d’examiner la structure et la nature des informations présentes dans la fuite.

Alaxione, une plateforme au cœur du parcours patient
Alaxione développe des solutions numériques destinées au secteur de la santé, notamment autour de la prise de rendez-vous et de la gestion de la relation entre patients et professionnels de santé. Son activité l’amène ainsi à manipuler d’importants volumes de données personnelles liées au parcours de soins.
6,8 millions de profils dans la base revendiquée
Selon la publication, la table principale comprend 6 835 489 enregistrements. L’échantillon obtenu par Cyberattaque.org confirme la présence de nombreuses colonnes permettant d’associer des utilisateurs à des informations personnelles et administratives.
- nom, prénom et coordonnées ;
- date de naissance et adresse ;
- profession et informations relatives au médecin traitant ;
- champs destinés au numéro de sécurité sociale ;
- champs bancaires, dont IBAN et BIC ;
- identifiants et informations techniques associés aux comptes.
La présence d’une colonne dans la base ne signifie toutefois pas qu’elle soit renseignée pour les 6,8 millions d’enregistrements. L’échantillon de 1 000 lignes ne permet donc pas d’extrapoler automatiquement la présence de chaque catégorie de données à l’ensemble des utilisateurs.
Plus de 10 millions de rendez-vous
Un deuxième fichier revendiqué contient 10 145 988 enregistrements de rendez-vous. Sa structure permet notamment de relier des identifiants de patients et de praticiens à des lieux, dates, horaires, états de rendez-vous et différentes informations de suivi.
Une autre table de 4 202 lignes associe des praticiens à des motifs de consultation. Le rapprochement de ces différentes données pourrait, dans certains cas, permettre de révéler ou déduire des informations liées au parcours médical d’une personne.
Plus de 270 000 discussions également revendiquées
Deux autres tables contiendraient respectivement 144 310 et 129 729 discussions. Leur structure prévoit notamment un expéditeur, un destinataire, un sujet, le contenu du message et des références possibles à un patient ou à un praticien.
Sans analyse complète de ces échanges, il n’est pas possible d’affirmer qu’ils contiennent systématiquement des données médicales. Leur présence dans un environnement de e-santé rend néanmoins leur exposition particulièrement sensible.
Une base complète aurait été copiée depuis une préproduction
L’attaquant affirme avoir eu accès à plusieurs environnements de développement avant de découvrir une copie temporaire de la base complète importée sur une instance de préproduction.
Si ce scénario est confirmé, l’incident illustrerait un risque classique : la copie de données réelles de production vers un environnement de test ou de préproduction bénéficiant potentiellement de protections différentes du système principal.
Alaxione aurait été averti avant la publication
Le cybercriminel affirme avoir prévenu Alaxione environ deux jours avant de rendre l’affaire publique. Il évoque également deux compromissions antérieures, en mars et novembre 2025, mais ces affirmations restent à ce stade non confirmées indépendamment.
Des risques majeurs pour les personnes concernées
Le croisement entre identité, coordonnées, dates de naissance et contexte médical pourrait permettre des campagnes de phishing très ciblées, des tentatives d’usurpation d’identité ou des fraudes administratives.
À ce stade, les chiffres de 6,8 millions d’utilisateurs, 10,1 millions de rendez-vous et 18 millions de lignes proviennent de la revendication du cybercriminel. L’échantillon de 1 000 lignes analysé par Cyberattaque.org permet d’appuyer la nature des données annoncées, mais pas encore de confirmer seul l’intégralité du périmètre revendiqué.