La mairie de Rinxent, dans le Pas-de-Calais, est désormais affichée sur le site de fuite du groupe de ransomware Krybit. Les cybercriminels revendiquent une attaque menée le 2 août 2026 et affirment avoir exfiltré 160,20 Go de données appartenant à la commune.
Au moment de notre consultation, le groupe affichait encore environ 81 heures avant la publication annoncée des fichiers. Ce compte à rebours mène au jeudi 6 août 2026, vers 15 h 20 heure française, si Krybit respecte l’échéance actuellement affichée.

Rinxent, une commune de près de 3 000 habitants
Rinxent est une commune des Hauts-de-France située dans le Pas-de-Calais, entre Boulogne-sur-Mer et Calais. Elle compte près de 3 000 habitants et appartient à la Communauté de communes de la Terre des 2 Caps.
La mairie assure notamment les démarches d’état civil, l’urbanisme, les élections et différents services administratifs destinés aux habitants. Une compromission de son système informatique peut donc concerner aussi bien des documents internes que des données liées aux agents ou aux administrés.
Un ransomware avec ultimatum
Rinxent est ici directement ciblée par un groupe de ransomware. Krybit utilise son site de fuite pour exercer une pression sur ses victimes en menaçant de rendre publiques les données volées si aucune issue n’est trouvée avant la fin du compte à rebours.
Avec 81 heures restantes, l’ultimatum expire donc autour du 6 août à 15 h 20. Cette date peut néanmoins évoluer si le groupe modifie son compteur ou si des négociations sont engagées.
160,20 Go de fichiers revendiqués
Krybit affirme détenir exactement 160,20 Go de données. Aucun échantillon détaillé n’est encore présenté, ce qui empêche de connaître la nature exacte des fichiers prétendument exfiltrés.
Le volume annoncé est particulièrement important pour une commune de cette taille. Il pourrait correspondre à plusieurs années d’archives, de documents administratifs, de sauvegardes ou de fichiers bureautiques, mais leur contenu reste inconnu à ce stade.
La double extorsion au cœur de l’attaque
Les groupes de ransomware modernes ne cherchent plus uniquement à chiffrer les serveurs. Ils tentent généralement de copier les données avant de déclencher l’extorsion, afin de disposer d’un second moyen de pression sur leur victime.
La menace est alors double : perturbation ou chiffrement éventuel du système informatique d’un côté, publication des fichiers volés de l’autre. Le compte à rebours affiché par Krybit correspond précisément à cette stratégie.
Quelles données pourraient être concernées ?
Krybit ne publie pour l’instant aucune arborescence permettant d’identifier le contenu des 160 Go. Une infrastructure municipale peut toutefois héberger de nombreuses catégories de documents :
- documents administratifs internes ;
- informations concernant les agents municipaux ;
- coordonnées d’administrés ;
- documents comptables et financiers ;
- dossiers liés à l’urbanisme ou aux services municipaux ;
- échanges internes et pièces jointes.
Rien ne permet actuellement d’affirmer que toutes ces catégories figurent effectivement dans les données revendiquées.
Comment le ransomware a-t-il pu entrer ?
Krybit ne précise pas son point d’entrée. Des identifiants compromis, un accès distant insuffisamment protégé, une vulnérabilité sur un serveur exposé ou le piratage d’un poste de travail peuvent permettre à un groupe de ransomware de pénétrer dans le réseau d’une collectivité.
Une fois présent, l’attaquant peut chercher à augmenter ses privilèges, explorer les serveurs et exfiltrer progressivement les données avant de déclencher la phase d’extorsion.
Que se passera-t-il le 6 août ?
Si Krybit met sa menace à exécution, les 160,20 Go revendiqués pourraient être publiés à partir du jeudi 6 août dans l’après-midi. Il faudra alors déterminer si les fichiers sont authentiques et s’ils contiennent réellement des données personnelles ou confidentielles.
À ce stade, la mairie de Rinxent n’a pas confirmé publiquement l’attaque. Le volume annoncé et la nature des fichiers restent donc à vérifier, mais la commune est bien présentée par Krybit comme une victime d’une opération d’extorsion par ransomware.