La Fédération Sportive et Culturelle de France (FSCF) fait l’objet d’une revendication de fuite de données portant sur plus de 30 000 enregistrements. Le 26 octobre 2026, un individu utilisant le pseudonyme « camillelellouche » a publié plusieurs extraits présentés comme provenant des fichiers de la fédération. Les informations comprennent des identités, des dates de naissance, des adresses postales, des numéros de licence et des renseignements sur les pratiques sportives.
Le point le plus préoccupant concerne la présence de données personnelles d’enfants mineurs, dont certains âgés de moins de 12 ans. Les fichiers permettent notamment d’associer leur identité à un club, une discipline et une catégorie sportive.
Créée en 1898, la Fédération Sportive et Culturelle de France est une organisation reconnue d’utilité publique qui fédère des associations sportives, culturelles et socio-éducatives sur l’ensemble du territoire. Elle intervient notamment dans la gymnastique, le twirling, les activités artistiques et l’animation jeunesse.

21 634 licences et plus de 5 300 présélections dans les données revendiquées
La publication du 26 octobre détaille sept catégories de données qui auraient été récupérées depuis les services de la FSCF.
- 21 634 enregistrements de licences ;
- 5 305 enregistrements de présélections ;
- 1 573 abonnés ;
- 642 enregistrements liés aux instances de la FSCF ;
- 457 correspondants par discipline ;
- 270 licences annulées ;
- 140 abonnements.
Le total atteint précisément 30 021 enregistrements. Ce chiffre ne correspond pas nécessairement à 30 021 personnes différentes, puisqu’un même individu peut apparaître dans plusieurs catégories.
Les fichiers révèlent l’identité, l’adresse et le club sportif des licenciés
Les extraits diffusés présentent une structure caractéristique d’un export de données de gestion fédérale. Plusieurs dizaines de champs sont recensés, permettant de retrouver des informations personnelles particulièrement détaillées.
Parmi les informations apparaissant dans les exemples figurent :
- Les noms, prénoms et dates de naissance ;
- Les adresses postales, communes et codes postaux ;
- Les adresses email et potentiellement les numéros de téléphone ;
- Les numéros de licence et leur statut ;
- Les clubs sportifs et les disciplines pratiquées ;
- Les catégories d’âge et les niveaux de compétition ;
- Les comités départementaux et régionaux ;
- Les dates de validation et d’expiration des licences ;
- Certains montants financiers associés aux licences.
Les exemples concernent notamment des licenciés de Loire-Atlantique, dans des clubs situés autour de Nantes et de Saint-Herblain. On retrouve des pratiquants de gymnastique féminine, de gymnastique rythmique et de twirling.
Des enfants nés en 2014 et 2016 apparaissent dans les extraits
La présence de mineurs constitue l’un des aspects les plus sensibles de cette divulgation. Plusieurs fiches correspondent à des enfants nés en 2014 et 2016, avec des catégories sportives U12 et U10.
Pour ces jeunes licenciés, les informations permettent de connaître simultanément leur identité, leur âge, leur commune de résidence et leur association sportive.
Cette combinaison est particulièrement problématique : les données ne permettent pas seulement d’identifier un enfant, mais aussi de connaître une partie de ses activités extrascolaires. Si elles sont réutilisées à des fins malveillantes, elles pourraient faciliter des prises de contact frauduleuses auprès des familles.
Des licences actives pour la saison 2026
Les enregistrements présentés ne semblent pas provenir exclusivement d’anciennes archives. Plusieurs fiches portent la mention « Active » pour la saison 2026, avec des dates de validation situées en 2025 et une fin de validité fixée au 31 août 2026.
D’autres informations font référence à des licences de compétition dont les périodes de validité peuvent s’étendre jusqu’en 2028.
Ces éléments indiquent que les données revendiquées comprennent des informations administratives relativement récentes. Ils ne permettent toutefois pas de déterminer la date exacte à laquelle elles ont été extraites.
Le hacker évoque une extraction automatisée des données
L’auteur de la publication présente son opération comme un « scraping ». Cette technique consiste à collecter automatiquement des informations accessibles depuis un site ou une application, parfois en exploitant des interfaces qui ne limitent pas suffisamment les requêtes.
Dans le cas de la FSCF, plusieurs scénarios sont envisageables : une interface de consultation insuffisamment protégée, une API exposant trop d’informations ou un défaut de contrôle des autorisations.
La présence de champs administratifs détaillés laisse penser que les informations proviennent d’un système structuré de gestion des licences. En revanche, rien ne permet de déterminer si le hacker a contourné une protection, utilisé un accès légitime compromis ou simplement collecté des données accessibles sans authentification.
Des escroqueries possibles en usurpant l’identité des clubs sportifs
Le principal risque concerne désormais l’utilisation de ces informations pour mener des campagnes de phishing ciblées contre les licenciés et leurs familles.
Un fraudeur connaissant le nom d’un sportif, son club, sa discipline et sa saison de licence pourrait se faire passer pour une association afin de réclamer un paiement, une régularisation d’inscription ou une mise à jour du dossier administratif.
La présence de données concernant des mineurs renforce cette inquiétude. Les parents pourraient recevoir des sollicitations suffisamment précises pour sembler provenir de véritables responsables associatifs.
À ce stade, aucune confirmation officielle de la FSCF n’a été identifiée concernant cette extraction. Les exemples publiés permettent d’observer la nature des informations concernées, mais pas de vérifier indépendamment l’intégralité des 30 021 enregistrements revendiqués.
L’enjeu principal reste donc de déterminer comment des informations aussi détaillées, notamment celles de jeunes licenciés, ont pu être récupérées et si d’autres données de la fédération demeurent accessibles.