Face à la multiplication des cyberattaques et violations de données touchant les services de l’État, le gouvernement renforce son dispositif de réponse. À la demande du Premier ministre, l’ANSSI met en place une nouvelle capacité opérationnelle baptisée REACTIV, pour « REponse & ACTion Interministérielle face aux Violations de données ».
Annoncé ce 7 septembre 2026, le dispositif doit permettre à l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information de mobiliser immédiatement ses moyens aux côtés des ministères lorsqu’une compromission de comptes ou une fuite de données est détectée.

Une réponse à l’intensification des attaques contre l’État
Le communiqué évoque explicitement une intensification des attaques cybercriminelles liées à des violations de données affectant les services de l’État. REACTIV doit permettre de basculer rapidement les efforts opérationnels de l’ANSSI vers les administrations concernées.
L’objectif est notamment d’accélérer le traitement des comptes utilisateurs compromis, l’analyse des violations de données et la détection d’éventuelles exfiltrations.
L’ANSSI pourra imposer des mesures immédiates aux ministères
Le changement le plus important concerne l’autorité accordée à l’ANSSI pendant une crise. Dans des délais contraints, l’agence pourra désormais faire prendre aux ministères les mesures immédiates nécessaires pour protéger les données des citoyens confiées aux administrations.
En pratique, cela doit permettre de réagir plus vite lorsqu’un compte est compromis, qu’un accès doit être coupé ou qu’une mesure de protection urgente doit être déployée, sans attendre qu’une attaque continue de progresser dans un environnement ministériel.
Une communication de crise centralisée
REACTIV prévoit également la mise en place d’une communication technique de crise centralisée par l’ANSSI lorsqu’une attaque liée à cette menace touche les services de l’État.
Cette centralisation doit permettre d’éviter que plusieurs administrations gèrent séparément un même type d’attaque, notamment lorsqu’une campagne touche simultanément plusieurs ministères ou exploite des comptes et services partagés.
Limiter les exfiltrations avant qu’elles ne deviennent massives
Le gouvernement vise particulièrement les exfiltrations de données. Lorsqu’un attaquant obtient un compte valide ou exploite une faiblesse sur un service exposé, la rapidité de détection et de coupure des accès peut déterminer la quantité de données qu’il parviendra à récupérer.
REACTIV doit ainsi permettre de circonscrire plus rapidement une attaque, d’identifier les comptes concernés et de limiter la propagation d’une compromission vers d’autres services.
La sécurité des réseaux ministériels devient une priorité
Le dispositif s’inscrit dans la Feuille de route des efforts prioritaires en matière de sécurité numérique de l’État 2026-2027. Le Premier ministre a demandé d’en accélérer la mise en œuvre afin de relever durablement le niveau de sécurité des réseaux ministériels.
La création de REACTIV marque surtout un changement de posture : face aux violations de données, l’ANSSI ne se limite plus à accompagner les administrations concernées. Elle dispose désormais d’un dispositif spécifiquement conçu pour coordonner la réponse et imposer rapidement les mesures nécessaires en situation de crise.
