Jinko, plateforme française spécialisée dans l’accompagnement des personnes atteintes de cancer, est touchée par une fuite de données particulièrement sensible. Le hacker DaOnlySpark affirme avoir accédé à son environnement le 5 septembre 2026 avant d’en extraire la base de données. Les fichiers sont désormais proposés au téléchargement.
L’ensemble comprend 3 552 comptes actuels, mais également plusieurs centaines de milliers d’enregistrements historiques et techniques. Surtout, les fichiers contiennent des données de santé, des échanges privés et des documents liés au parcours de soins.

Jinko accompagne des patients pendant et après un cancer
Jinko propose des programmes personnalisés en oncologie associant suivi infirmier, soins de support, application mobile et coordination avec les équipes médicales. La société indique travailler avec plus de 200 praticiens certifiés et traiter notamment des informations relatives au type de cancer, à la phase de la maladie et aux médecins qui suivent les patients.
Cancer, traitements, antécédents : des données extrêmement sensibles
Cyberattaque.org s’est procuré les échantillons diffusés avec la base. Les données annoncées et observées couvrent un périmètre très large :
- noms, prénoms, e-mails, téléphones et adresses ;
- dates de naissance et informations de profil ;
- type de cancer et stade de la maladie ;
- présence éventuelle de métastases ou récidives ;
- traitements actuels ou passés, médicaments et pathologies ;
- antécédents chirurgicaux et familiaux ;
- questionnaires de qualité de vie et suivi de symptômes ;
- poids, parcours de soins et notes de coordination.
Le fichier utilisateurs compte 3 552 comptes actuels et près de 188 000 entrées supplémentaires dans un historique de modifications. Ces dernières ne correspondent pas à autant de personnes : elles retracent les évolutions successives des profils.

Plus de 20 000 messages et des documents de patients
La fuite ne se limite pas aux profils. L’inventaire comprend également plus de 20 000 messages répartis dans environ 1 200 conversations, des échanges avec un assistant, des publications communautaires ainsi que plusieurs centaines de documents associés aux utilisateurs.
Un espace de stockage contenant plus de 2 600 fichiers aurait également été extrait : images, PDF, fichiers audio et vidéos. Parmi eux figurent notamment des documents médicaux de patients, des éléments de suivi clinique et des médias associés aux profils. Cyberattaque.org ne reproduit aucune de ces informations.
Des médecins et équipes de soins également référencés
La base comprend aussi des informations relatives à plus d’une centaine de médecins et plusieurs dizaines de praticiens, ainsi que les liens entre certains professionnels et les personnes accompagnées. Les données peuvent inclure leurs coordonnées professionnelles, établissement, spécialité et notes de coordination.
Le hacker affirme avoir supprimé les données après leur extraction
DaOnlySpark affirme avoir copié les données puis supprimé le contenu accessible dans l’environnement compromis. Cette dernière affirmation reste une revendication du hacker et ne peut pas être vérifiée indépendamment à ce stade.
Aucune vulnérabilité précise n’est détaillée dans la publication. Les éléments diffusés font toutefois apparaître des données provenant notamment de Firestore et Firebase Storage. Leur présence ne permet pas, à elle seule, de déterminer si l’accès résulte d’une mauvaise configuration, d’identifiants compromis ou d’une autre faille.
Une fuite particulièrement grave compte tenu des données de santé
Contrairement à une fuite classique de coordonnées, les informations exposées peuvent révéler directement le parcours médical d’une personne, son cancer, ses traitements et certains antécédents. Ces données peuvent être utilisées pour du chantage, de l’ingénierie sociale ou des campagnes de phishing extrêmement personnalisées.
Jinko présente justement son dispositif comme conforme au RGPD et aux exigences d’hébergement des données de santé. La diffusion publique de cette base constitue donc un incident particulièrement sensible, dont le périmètre exact et les conséquences restent désormais à établir.