Une importante fuite de données visant des systèmes associés à impots.gouv.fr est revendiquée par des cybercriminels. L’intrusion aurait eu lieu le 26 juin 2026 et aurait permis aux attaquants de récupérer une partie d’une base contenant des informations fiscales particulièrement sensibles sur des Français.
Les auteurs annoncent 678 438 lignes de données et indiquent mettre en vente cette base partielle. Ce chiffre ne correspond toutefois pas nécessairement à 678 438 contribuables uniques, plusieurs enregistrements pouvant être associés à une même personne ou à différentes demandes administratives.

Un accès revendiqué aux outils internes de l’administration fiscale
Selon le récit des attaquants, l’intrusion aurait d’abord permis d’atteindre des serveurs internes, puis d’obtenir un accès VPN donnant accès à un outil utilisé pour rechercher aussi bien des particuliers que des professionnels.
Ils affirment avoir commencé à aspirer les informations disponibles depuis cet outil avant que leur connexion ne soit rapidement interrompue. Les 678 438 lignes récupérées ne représenteraient ainsi, selon eux, qu’une partie des données auxquelles ils pouvaient accéder.
Des profils fiscaux extrêmement détaillés
Les données observées vont bien au-delà de simples noms et adresses. Elles permettent de réunir dans une même fiche l’état civil du contribuable, ses coordonnées, la composition de son foyer et plusieurs informations directement liées à sa situation fiscale.
- identité complète, avec noms, prénoms, date et lieu de naissance ;
- coordonnées postales utilisées pour l’imposition ou l’envoi de courriers, ainsi que téléphone et e-mail ;
- informations sur le foyer fiscal, comme la situation familiale, le conjoint, les personnes à charge et le nombre de parts ;
- données financières et fiscales, dont le revenu fiscal de référence et le taux de prélèvement à la source ;
- identifiants internes utilisés par l’administration et références associées aux demandes ;
- traces des démarches et échanges effectués auprès de l’administration fiscale.
La combinaison de ces éléments permet potentiellement de reconstituer un profil particulièrement précis d’un contribuable et de son foyer, avec des informations rarement réunies dans une seule fuite de données.

Un risque important d’arnaques fiscales très personnalisées
Ces données présentent un intérêt évident pour des opérations de phishing ciblé. Un fraudeur connaissant le revenu fiscal, la composition du foyer, l’adresse du contribuable et ses précédentes démarches peut créer un faux message de l’administration particulièrement crédible.
De faux remboursements, régularisations fiscales, changements de coordonnées ou demandes de paiement pourraient ainsi reprendre des informations exactes afin de rassurer la victime. Les données d’identité peuvent également faciliter des tentatives d’usurpation ou être croisées avec d’autres bases compromises.
Les attaquants disent avoir eu accès à bien plus de données
Les cybercriminels affirment que l’outil interne auquel ils avaient accès permettait de rechercher les informations de dizaines de millions de citoyens. Ils indiquent cependant avoir été déconnectés avant de pouvoir poursuivre leur extraction.
Cette affirmation reste non vérifiée. Un accès permettant théoriquement d’interroger une base très importante ne signifie pas que toutes les données correspondantes ont été effectivement téléchargées. À ce stade, le volume concrètement revendiqué reste celui de 678 438 lignes.
Une cyberattaque encore non confirmée officiellement
À ce stade, il s’agit d’une revendication non confirmée officiellement par l’administration fiscale. Les éléments publiés présentent néanmoins des données structurées attribuées à un outil interne et contenant des informations fiscales très précises.
Le principal enjeu est désormais de déterminer combien de Français sont réellement concernés, comment les attaquants ont obtenu leur accès et jusqu’où ils ont pu explorer les systèmes internes.