Attaque

I-CAD : 2,9 millions d’animaux exposés, avec les noms de leurs propriétaires

Une nouvelle fuite massive vise I-CAD, le fichier national d’identification des chiens, chats et furets en France. Le hacker ChimeraZ affirme avoir récupéré une base partielle contenant 2 948 630 lignes, désormais proposées à la vente.

La revendication se divise en deux ensembles : 2 898 001 fiches d’animaux et 50 629 fiches de vétérinaires. Cyberattaque.org s’est procuré les échantillons diffusés par le hacker et a pu analyser 800 fiches d’animaux ainsi que 200 fiches de professionnels.

I-CAD cyberattaque

Numéro de puce, propriétaire, naissance et stérilisation

Les fiches animales contiennent notamment le numéro de puce électronique, la date de naissance, le sexe, le nom de l’animal, le nom et le prénom associés à son détenteur, ainsi que des informations sur sa stérilisation, son décès éventuel ou son statut dans le fichier.

Dans les 800 lignes analysées par Cyberattaque.org, les 800 numéros de puce sont différents. L’échantillon représente environ 750 couples nom/prénom distincts associés aux animaux, certaines associations ou structures apparaissant plusieurs fois.

Des données mises à jour jusqu’en septembre 2026

Un élément rend cette nouvelle publication particulièrement intéressante : les données sont récentes.

Parmi les 800 fiches analysées, Cyberattaque.org a identifié des animaux nés jusqu’en juillet 2026. Plus significatif encore, certaines fiches comportent des déclarations de décès enregistrées jusqu’au 24 septembre 2026.

La base à l’origine de cette extraction contenait donc des informations mises à jour au moins jusqu’à fin septembre 2026, soit moins d’un mois avant sa mise en vente par ChimeraZ.

50 629 vétérinaires également revendiqués

Le second fichier annoncé contient 50 629 entrées attribuées à des vétérinaires. L’échantillon analysé comprend le nom complet du professionnel, son département, un identifiant interne et son numéro CSO.

Les 200 lignes fournies en exemple comportent 200 identifiants différents et près de 200 professionnels distincts répartis sur de nombreux départements français.

I-CAD avait déjà confirmé une faille de sécurité

Cette publication intervient alors qu’I-CAD a déjà reconnu un précédent incident. En août 2026, Cyberattaque.org rapportait la confirmation par I-CAD d’une vulnérabilité découverte en septembre 2025.

L’organisme expliquait alors qu’une faille avait pu permettre l’interrogation automatisée de certains enregistrements. I-CAD avait cependant limité les données personnelles potentiellement concernées par cet incident aux adresses email des usagers.

Il est donc impossible, à ce stade, d’affirmer que les 2,9 millions de lignes aujourd’hui revendiquées proviennent de cette même vulnérabilité.

Les dates semblent écarter une simple copie figée de la fuite de 2025

La présence d’informations datant de septembre 2026 pose néanmoins une question importante. Une archive extraite uniquement lors de l’incident de septembre 2025 ne pourrait évidemment pas contenir des événements enregistrés un an plus tard.

Plusieurs scénarios restent possibles : une nouvelle extraction, un autre accès à la base, une source différente ou une collecte réalisée après l’incident initial. Les éléments publiés par ChimeraZ ne permettent pas de déterminer le point d’entrée technique.

Un numéro de puce relié directement au nom du détenteur

Le principal risque ne vient pas uniquement du volume. I-CAD constitue le registre permettant de faire le lien officiel entre un animal et son détenteur. Dans l’échantillon diffusé, ce lien apparaît directement : un numéro d’identification unique est associé au nom de l’animal et à l’identité de son détenteur.

Ces informations peuvent faciliter des campagnes de phishing particulièrement crédibles autour d’un animal perdu, d’un changement de propriétaire, d’une démarche vétérinaire ou d’une prétendue mise à jour du dossier I-CAD.

La fuite ne contient en revanche, dans les échantillons analysés, ni mot de passe, ni donnée bancaire, ni adresse postale du détenteur.

Une nouvelle revendication qui dépasse largement l’incident reconnu

Le fichier national recensait fin 2025 plus de 18 millions d’animaux identifiés et vivants en France. Les 2,9 millions de fiches animales revendiquées représenteraient donc une portion importante, mais loin d’être complète, de cette base nationale.

À ce stade, I-CAD n’a pas publiquement confirmé cette nouvelle revendication. Le volume annoncé reste celui de ChimeraZ. Les échantillons obtenus par Cyberattaque.org montrent toutefois des données cohérentes avec le fonctionnement du fichier national et, surtout, des informations mises à jour jusqu’à quelques semaines seulement avant leur publication.

Thomas Lazzaroni Thomas Lazzaroni
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