Attaque

Chat Control : les adresses d’élus français ciblés par une fuite de données sensibles

Une fuite de données à motivation politique a été revendiquée le 25 juillet 2026 par le hacker Cybernox. L’auteur diffuse des informations personnelles concernant plusieurs responsables politiques français qu’il associe au dossier européen surnommé « Chat Control ».

Les fichiers publiés exposent des données particulièrement sensibles. Selon les personnes, on y retrouve des adresses personnelles, numéros de téléphone, adresses e-mail, dates de naissance, numéros de Sécurité sociale ou encore coordonnées bancaires. L’origine exacte de cet ensemble de données n’est pas établie.

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Plusieurs personnalités françaises directement ciblées

Le premier groupe publié par Cybernox comprend notamment les personnalités suivantes :

  • Bernard Guetta ;
  • Céline Imart ;
  • Christophe Gomart ;
  • Christophe Grudler ;
  • Fabienne Keller ;
  • François-Xavier Bellamy ;
  • Gilles Boyer ;
  • Grégory Allione ;
  • Isabelle Le Callennec ;
  • Jérémy Decerle ;
  • Laurence Farreng ;
  • Nadine Morano ;
  • Nathalie Loiseau ;
  • Pascal Canfin ;
  • Sandro Gozi ;
  • Valérie Devaux.

La quantité d’informations varie fortement selon les profils. Certaines fiches se limitent à l’identité et à la date de naissance, tandis que d’autres exposent directement une adresse privée, plusieurs numéros de téléphone, un e-mail personnel, un NIR ou des informations bancaires.

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IBAN, NIR et adresses personnelles exposés

Le dépôt va bien au-delà d’un simple fichier recensant des élus. Les données visibles comprennent, selon les fiches :

  • nom et prénom ;
  • date et lieu de naissance ;
  • nationalité ;
  • adresse postale personnelle ;
  • numéro de téléphone fixe ou mobile ;
  • adresse e-mail ;
  • numéro de Sécurité sociale ;
  • IBAN et BIC ;
  • informations professionnelles ;
  • données commerciales, de fidélité ou relatives aux loisirs.

Les catégories ne sont pas identiques pour chaque personne, mais certaines fiches réunissent suffisamment d’informations pour faciliter des tentatives d’usurpation d’identité particulièrement crédibles.

Un second groupe de personnalités également publié

Cybernox distingue également un second groupe, présenté dans sa publication comme composé de personnalités n’ayant pas voté dans le même sens. Cette classification correspond uniquement à celle de l’auteur et ne permet pas, à elle seule, de déterminer précisément la position de chaque élu sur les différents textes européens liés à Chat Control.

  • Christophe Clergeau ;
  • Claire Fita ;
  • Emma Rafowicz ;
  • Murielle Laurent ;
  • Murielle Moreau ;
  • Nora Mebarek ;
  • Pierre Jouvet ;
  • Raphaël Glucksmann et Léa Salamé ;
  • Thomas Pellerin.

Là encore, les fiches exposent des données personnelles provenant de sources très différentes : coordonnées privées, historiques commerciaux, informations de fidélité, adresses ou données bancaires.

Des données visiblement agrégées depuis plusieurs sources

La structure des fiches varie fortement. Certaines ressemblent à des données administratives, d’autres à des fichiers clients, des bases commerciales, des programmes de fidélité ou des informations issues de précédentes fuites.

Cette hétérogénéité laisse penser à une agrégation de données provenant de plusieurs sources plutôt qu’à l’extraction d’une base unique. Cybernox ne fournit pas d’élément technique permettant d’identifier une organisation dont le système aurait été directement compromis pour obtenir l’ensemble de ces informations.

Chat Control utilisé comme justification

Le hacker présente cette diffusion comme une action dirigée contre des responsables associés à « Chat Control », terme utilisé pour désigner les débats européens autour de la détection de contenus pédocriminels dans les communications numériques.

La publication d’adresses privées, de téléphones et d’autres informations permettant de localiser directement les personnes ciblées relève cependant d’une logique de doxxing, avec un risque qui dépasse largement le débat politique.

Une campagne qui vise aussi la Gendarmerie

Cette publication intervient dans une série d’opérations revendiquées en opposition à Chat Control. Une autre fuite visant le ministère de l’Intérieur a ainsi exposé les données revendiquées de 111 528 agents, avec notamment de nombreuses adresses e-mail appartenant à la Gendarmerie nationale.

Les auteurs de cette autre opération invoquaient eux aussi explicitement leur opposition à Chat Control et annonçaient vouloir poursuivre leurs actions contre différentes institutions européennes.

Des risques de harcèlement et d’usurpation d’identité

La combinaison de données d’identité, d’adresses privées, de téléphones, de NIR et de coordonnées bancaires augmente considérablement le risque pour les personnes exposées.

  • harcèlement et menaces ciblées ;
  • doxxing et atteinte à la vie privée ;
  • usurpation d’identité ;
  • phishing extrêmement personnalisé ;
  • fraudes utilisant les coordonnées bancaires ;
  • recoupement avec d’autres bases compromises.

L’origine exacte de la fuite reste inconnue

Aucune administration ou entreprise unique n’est identifiée comme source de l’ensemble du dépôt. Le nombre total de personnes présentes dans les fichiers n’est pas non plus précisé.

Les données visibles confirment toutefois que la publication ne se limite pas à des noms publics : elle expose également des informations privées et parfois particulièrement sensibles concernant plusieurs personnalités françaises.

Thomas Lazzaroni Thomas Lazzaroni
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