Une nouvelle fuite visant le ministère de l’Intérieur est revendiquée depuis le 26 juillet 2026. Le hacker misere, agissant au nom du collectif CuteSec, affirme avoir récupéré puis diffusé les informations de 111 528 agents liés à différents services de l’État.
Le fichier contiendrait principalement des identifiants internes, des noms et prénoms ainsi que des adresses e-mail professionnelles. Certaines adresses personnelles figureraient également dans la base. À ce stade, le ministère de l’Intérieur n’a pas confirmé publiquement cette revendication.

Des agents de plusieurs services du ministère
Le ministère de l’Intérieur supervise notamment la Police nationale, la Gendarmerie nationale, la sécurité civile et plusieurs services techniques chargés de la sécurité intérieure. L’échantillon publié fait apparaître des domaines rattachés à différentes entités, notamment la Gendarmerie nationale et l’Agence du numérique des forces de sécurité intérieure.
Les données revendiquées comprennent :
- identifiant interne ;
- nom et prénom ;
- adresse e-mail professionnelle ;
- adresse e-mail personnelle pour certains agents.
Un fichier particulièrement utile pour cibler les forces de sécurité
Même si les informations annoncées sont moins sensibles qu’un dossier RH complet, leur regroupement représente un risque important. Une base de plus de 111 000 noms permet de cartographier des agents, d’identifier leur administration de rattachement et de préparer des campagnes d’attaque extrêmement ciblées.
Phishing et usurpation d’agents
Les adresses professionnelles peuvent notamment être utilisées pour envoyer de faux messages imitant les communications internes du ministère. Un attaquant peut également se faire passer pour un collègue, un service informatique ou une autre administration afin d’obtenir un mot de passe ou un accès supplémentaire.
- phishing ciblé contre les agents ;
- vol d’identifiants professionnels ;
- usurpation de fonctionnaires ou de services internes ;
- tentatives d’accès à des applications du ministère ;
- harcèlement ou doxxing lorsque des coordonnées personnelles sont présentes.
Une campagne revendiquée comme politique
CuteSec présente cette publication comme une opération motivée par son opposition au projet européen de contrôle des communications surnommé « Chat Control ». Le groupe affirme également collecter des données et documents appartenant à d’autres institutions européennes.
Ces déclarations doivent cependant être distinguées des éléments vérifiables : aucune preuve publique ne permet actuellement de confirmer l’existence d’autres documents sensibles ou secrets détenus par le collectif.
Comment 111 528 fiches ont-elles pu être récupérées ?
La méthode utilisée n’est pas précisée. Le fichier pourrait provenir d’un annuaire interne, d’une application métier compromise, d’une base accessible depuis un service exposé ou encore d’un compte disposant de droits étendus.
Il n’est donc pas possible, à ce stade, de déterminer si les attaquants ont réellement pénétré le système d’information central du ministère ou s’ils ont compromis une application contenant un annuaire d’agents.
Une nouvelle revendication après BANATIC
Cette publication intervient quelques jours après une autre revendication concernant BANATIC, un service hébergé sur le domaine du ministère de l’Intérieur, pour lequel plus de 91 000 enregistrements avaient été annoncés.
Aucun élément ne permet pour l’instant d’établir si les deux incidents proviennent du même accès technique.
111 528 agents annoncés, mais un périmètre encore à confirmer
Le chiffre de 111 528 correspond au nombre d’enregistrements annoncé par l’auteur et ne garantit pas qu’il s’agisse d’autant de personnes uniques ou d’agents actuellement en fonction.
En l’absence de communication officielle, l’authenticité complète du fichier, son origine et l’étendue réelle de la compromission restent à confirmer.