Attaque

Les données de 18 000 pompiers en fuite après la cyberttaque des SDIS 13, 30, 57, 67 et 88

La série s’étend désormais à cinq services d’incendie et de secours français. Le hacker ChimeraZ a publié des bases provenant des SDIS du Gard (SDIS 30), des Bouches-du-Rhône (SDIS 13), de la Moselle (SDIS 57), des Vosges (SDIS 88) ainsi que du Service d’incendie et de secours du Bas-Rhin (SIS 67). Au total, les fichiers regroupent les données de près de 18 000 personnes.

Les premières publications concernant les SDIS 13 et 30 ont été mises en ligne le 29 août 2026. Trois nouvelles bases sont venues s’ajouter à cette série. Les fichiers contiennent des données de nature très différente : annuaires internes, coordonnées professionnelles, matricules, grades, centres de secours, formations, fonctions ou encore historiques de connexion.

Cinq services de secours départementaux concernés

Les services concernés assurent les missions de secours, de protection des personnes et des biens et de lutte contre les incendies dans cinq départements : les Bouches-du-Rhône, le Gard, la Moselle, le Bas-Rhin et les Vosges. Leurs systèmes d’information regroupent notamment des informations concernant les sapeurs-pompiers professionnels et volontaires, les personnels administratifs ainsi que l’organisation des différentes structures opérationnelles.

Dans le Bas-Rhin, le service porte officiellement depuis 2021 le nom de Service d’incendie et de secours du Bas-Rhin (SIS 67), même si le domaine sdis67.com est toujours utilisé.

SDIS 30 cyberattaque

3 168 personnes dans la fuite du SDIS 30

Pour le SDIS 30, la fuite prend la forme d’un fichier CSV d’environ 300 Ko comprenant 3 757 lignes pour 3 168 personnes.

Cyberattaque.org a analysé les fichiers publiés. Ils comprennent plusieurs tables consacrées aux utilisateurs, aux personnels du SDIS, aux droits d’accès et à la récupération de mot de passe. On y retrouve notamment des noms, prénoms, identifiants internes et différentes références associées aux comptes.

Une table est directement liée au mécanisme de récupération de mot de passe. Les fichiers analysés ne montrent toutefois pas de mots de passe en clair dans cette partie des données.

SDIS 13 cyberattaque

3 699 personnes dans la base du SDIS 13

La seconde publication concerne le SDIS 13. Le fichier JSON d’environ 635 Ko comprend 3 700 lignes correspondant à 3 699 personnes.

La base contient des matricules, noms, informations de rattachement, groupements territoriaux et centres de secours. Ces données permettent de relier directement certaines personnes à leur organisation opérationnelle au sein du SDIS.

SDIS 57 : plus de 6 400 personnes dans un annuaire interne

La fuite du SDIS de la Moselle (SDIS 57) est la plus importante de la série en nombre de personnes. Le fichier JSON pèse 3,20 Mo et comprend 6 449 lignes pour 6 434 personnes.

Les fichiers correspondent notamment à un annuaire interne. Ils regroupent des noms, adresses électroniques professionnelles, identifiants uniques de comptes, références techniques et différentes métadonnées associées aux utilisateurs. Des coordonnées téléphoniques sont également présentes dans certains enregistrements.

Le SDIS 57 assure les missions de sécurité civile dans le département de la Moselle. Le service s’appuie sur plusieurs milliers de personnels et un important réseau d’unités opérationnelles réparties sur le territoire.

SIS 67 : matricules, téléphones et formations dans les fichiers

Dans le Bas-Rhin, la base publiée représente 5,83 Mo au format JSON et contient 4 423 lignes pour 3 584 personnes.

Les données sont particulièrement détaillées sur l’organisation des formations et des personnels. Elles comprennent des noms, grades, matricules, numéros de téléphone, centres d’incendie et de secours de rattachement ainsi que les identités de formateurs et de stagiaires.

Les fichiers décrivent également des sessions de formation avec leur intitulé, leur date, leurs horaires, leur lieu, leur état ainsi que les personnels concernés. Ils permettent de reconstituer une partie précise de l’organisation interne et des rattachements opérationnels des agents.

SDIS 88 : personnels et historiques de connexion exposés

La publication concernant le SDIS des Vosges (SDIS 88) est de loin la plus volumineuse avec environ 175 Mo de données. Les fichiers regroupent 4 226 lignes pour 3 067 personnes.

Plusieurs ensembles de données sont présents. Une première partie concerne les personnels, avec des noms, grades, fonctions, identifiants internes et références vers des photographies de profil. Une autre regroupe des informations relatives aux connexions, avec des noms d’utilisateur, services de rattachement, horaires, adresses IP internes et types de terminaux utilisés.

Ces fichiers associent ainsi des données d’identité et de fonction à des informations techniques sur les connexions. Ils donnent une visibilité précise sur l’environnement informatique et l’organisation interne de certains personnels.

Des données exploitables pour cibler les sapeurs-pompiers

La nature des données varie fortement d’un service à l’autre, mais les différentes bases permettent de reconstituer une partie de l’organisation interne des services concernés : identité d’un agent, matricule, grade, fonction, centre de secours, groupement, service, participation à une formation ou coordonnées professionnelles.

Le principal risque réside dans le phishing ciblé et l’usurpation d’identité. La connaissance d’un matricule, d’un centre de secours, d’un grade ou du nom d’un responsable permet de construire des messages particulièrement crédibles en se faisant passer pour un supérieur hiérarchique, un service informatique ou une administration.

Les données du SDIS 30 relatives aux droits d’accès et aux mécanismes de récupération de compte, ainsi que les informations de connexion présentes dans les fichiers du SDIS 88, apportent également des renseignements techniques sur les systèmes et les comptes utilisés par les personnels.

Près de 18 000 personnes dans cinq services

Au total, les cinq publications regroupent 22 555 lignes de données correspondant à 17 952 personnes :

  • SDIS 57 : 6 434 personnes ;
  • SDIS 13 : 3 699 personnes ;
  • SIS 67 : 3 584 personnes ;
  • SDIS 30 : 3 168 personnes ;
  • SDIS 88 : 3 067 personnes.

Ce total correspond au nombre de personnes recensées dans chacun des cinq jeux de données. Des doublons peuvent néanmoins exister entre plusieurs enregistrements ou entre différentes bases.

Les cinq bases ont été publiées par ChimeraZ dans une même série. À ce stade, aucun des services concernés n’a publiquement communiqué sur ces fuites. Les points d’entrée utilisés par le hacker et les dates exactes des intrusions restent inconnus.

Thomas Lazzaroni Thomas Lazzaroni
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