Mvision, important prestataire technique audiovisuel français, fait l’objet d’une revendication de fuite de données publiée le 6 août 2026 par un acteur utilisant le pseudonyme 2019. La publication annonce plus de 2 100 entrées et fournit un échantillon présenté comme issu d’une base RH de l’entreprise.
La liste des champs revendiqués est particulièrement sensible : numéros de Sécurité sociale, informations de passeport et de carte d’identité, coordonnées personnelles, nationalité, données contractuelles, titres de séjour, autorisations de travail mais également certaines informations liées à la santé. À ce stade, Mvision n’a pas publiquement confirmé l’incident.

Mvision, un acteur important de l’événementiel français
Fondée en 2003 et installée à Longjumeau, dans l’Essonne, Mvision est spécialisée dans les prestations techniques audiovisuelles pour l’événementiel. L’entreprise fournit des solutions de vidéo, son, lumière, traduction simultanée, location de matériel et studios de tournage. Elle exploite notamment une plateforme logistique de plus de 5 000 m² et plusieurs studios.
L’entreprise est aujourd’hui intégrée à Alive Group et communique sous la marque Mvision by Alive. Son périmètre est loin d’être confidentiel : lors de VivaTech 2026, ses équipes indiquaient intervenir sur des espaces ou stands pour L’Oréal, ENGIE, AXA, La Poste Groupe, EY et Publicis Groupe. Mvision travaille également depuis plusieurs années sur des opérations techniques pour L’Oréal et de grands événements professionnels. Ces entreprises sont des références commerciales de Mvision : rien n’indique qu’elles soient elles-mêmes touchées par cette fuite.
Une base qui ressemble au cœur du système RH
Les noms de colonnes présentés dans la revendication montrent un ensemble beaucoup plus riche qu’un simple fichier de salariés. On y retrouve notamment :
- nom, prénom, nom de naissance et pseudonyme ;
- adresse personnelle, téléphone et e-mail ;
- numéro de Sécurité sociale ;
- numéros de passeport et de carte d’identité ;
- nationalité, pays de naissance et informations de délivrance des documents ;
- titre de séjour et autorisation de travail ;
- matricule et données professionnelles ;
- permis et cartes professionnelles ;
- habilitations électriques et certifications CACES ;
- informations relatives au temps de travail et aux déplacements ;
- statut marital et autres informations administratives ;
- allergies et certaines informations pouvant relever de la santé ;
- champs libres et informations fournies lors du recrutement.
La présence d’allergies est particulièrement notable : lorsqu’elles sont associées à une personne identifiable, ces informations peuvent constituer des données de santé, catégorie particulièrement sensible au regard du RGPD.

Salariés, candidats et personnels techniques potentiellement concernés
La structure de la base semble couvrir plusieurs étapes de la gestion du personnel : recrutement, création d’un salarié, habilitations, autorisations administratives et suivi professionnel. Mvision indique elle-même traiter dans le cadre de son activité des données concernant ses salariés, candidats et intermittents.
Le chiffre de « 2.1K+ » affiché par l’auteur doit toutefois être compris comme un volume revendiqué d’entrées ou de profils. Rien ne permet encore d’établir qu’il correspond exactement à plus de 2 100 personnes uniques.
Un cocktail idéal pour l’usurpation d’identité
Si l’ensemble des champs annoncés a réellement été exfiltré, le niveau de risque est élevé. La combinaison d’une identité complète avec un NIR, des références de pièces d’identité, une adresse personnelle et des informations professionnelles permet de construire des dossiers particulièrement crédibles.
- usurpation d’identité ;
- fraudes administratives ou sociales ;
- phishing ciblé contre les salariés ;
- faux messages provenant des ressources humaines ;
- chantage utilisant des informations personnelles ou médicales ;
- attaques d’ingénierie sociale contre Mvision et ses partenaires.
Comment une telle base peut-elle être récupérée ?
L’auteur ne fournit pas d’explication vérifiable sur le point d’entrée. Le vol d’un compte RH, la compromission d’un poste administratif, une application interne vulnérable ou l’accès à une sauvegarde peuvent permettre d’obtenir ce type de fichier très structuré.
Certains champs techniques visibles dans la structure suggèrent en tout cas une extraction directement issue d’une application de gestion, plutôt qu’une simple compilation d’informations publiques.
Une revendication qui reste à confirmer
Un échantillon a été mis à disposition par l’auteur pour appuyer sa revendication, mais Mvision n’a pas encore confirmé publiquement la compromission. Il reste donc à établir le nombre réel de personnes concernées, l’ancienneté des données et l’étendue exacte de l’exfiltration.
La nature des champs annoncés suffit néanmoins à rendre l’affaire particulièrement sensible : une base RH contenant simultanément NIR, documents d’identité, titres de séjour, coordonnées privées et informations de santé représente une cible à très forte valeur pour des cybercriminels.