Attaque

Le code source de Mistral AI revendiqué en fuite après une nouvelle cyberattaque

Mistral AI fait l’objet d’une nouvelle revendication de compromission. Un hacker utilisant le pseudonyme mrwho affirme avoir récupéré ce qu’il présente comme la « totalité du code source » de l’entreprise française spécialisée dans l’intelligence artificielle et propose désormais les données à la vente.

L’arborescence publiée comporte 339 fichiers et archives correspondant à de nombreux projets de développement. Plusieurs noms indiquent explicitement un caractère « internal » ou « private », tandis que d’autres font référence à l’infrastructure, à l’entraînement des modèles, aux outils internes ou à différents projets menés avec des entreprises.

Mistral cyberattaque

339 archives liées aux projets de Mistral AI

La liste diffusée par mrwho couvre un périmètre particulièrement large. On y retrouve notamment des archives nommées mistral-inference-private, mistral-inference-internal, mistral-finetune-internal, mistral-common-internal, vllm-internal ou encore client-python-private.

D’autres projets semblent concerner directement l’infrastructure technique de l’entreprise avec des noms comme sre-infra, sre-kubernetes-tools, network, registry, model-delivery, gpu-dashboard ou research-sysadmin.

Cette nomenclature suggère qu’une partie des archives pourrait correspondre à des dépôts qui n’étaient pas destinés à être publics. La présence des mots « private » ou « internal » ne suffit cependant pas, à elle seule, à démontrer la confidentialité réelle de chaque fichier.

Des projets liés aux modèles et aux outils internes

L’arborescence contient également de nombreux projets liés au cœur des activités de Mistral AI : inférence, fine-tuning, évaluation des modèles, sécurité, orchestration, GPU, agents IA, recherche et outils de développement.

Parmi les archives figurent par exemple mistral-code, mistral-finetune-internal, mistral-inference-private, model-delivery, mistral-security-asml, mistral-cybench, mistral-vibe-private ou encore system_prompt.

Si leur caractère privé est confirmé, ces fichiers pourraient fournir des informations particulièrement intéressantes sur les outils, prototypes, architectures et méthodes de développement internes de l’entreprise.

Code source mistral
Screenshot

Airbus BNP HSBC Pfizer ou ASML apparaissent dans les noms de projets

Plusieurs noms d’entreprises apparaissent également dans l’arborescence, avec notamment des archives faisant référence à Airbus, BNP, Cegid, ASML, HSBC, Pfizer, Stellantis, Tesco ou encore Total.

Ces noms peuvent correspondre à des démonstrations, évaluations, projets clients, preuves de concept ou simples environnements de développement. Leur présence ne permet absolument pas d’affirmer que les données ou systèmes de ces entreprises ont été compromis.

Il faudrait analyser individuellement le contenu de ces archives pour déterminer leur nature réelle et vérifier si elles contiennent ou non des informations appartenant à des tiers.

Le hacker parle d’une nouvelle compromission

mrwho affirme que Mistral AI aurait été compromis une nouvelle fois en septembre 2026. Selon lui, l’origine de l’incident serait liée à des secrets de développement qui n’auraient pas été renouvelés après une précédente attaque.

Aucune preuve technique publiée avec la revendication ne permet toutefois d’établir précisément le mécanisme utilisé ni de confirmer qu’un nouvel accès aux systèmes de Mistral AI a effectivement eu lieu en septembre.

Une autre possibilité reste que tout ou partie des fichiers provienne de la précédente compromission et soit aujourd’hui remis en circulation par un nouvel acteur. La présence de commits ou de fichiers postérieurs au mois de mai permettrait de confirmer beaucoup plus solidement l’hypothèse d’un nouvel accès.

Mistral AI avait déjà confirmé une compromission en mai

Cette revendication intervient seulement quelques mois après un premier incident. Le 12 mai 2026, Mistral AI avait confirmé qu’un groupe d’attaquants avait temporairement compromis l’un de ses systèmes de gestion de code dans le cadre d’une attaque de la chaîne d’approvisionnement d’un prestataire tiers.

L’entreprise avait alors indiqué que certains packages SDK avaient été contaminés pendant une courte période. Selon Mistral AI, les attaquants n’avaient accédé qu’à certains dépôts de code considérés comme non critiques, sans compromission de ses services hébergés, des données utilisateurs ou de ses environnements de recherche et de test.

Lors de cet épisode, les attaquants revendiquaient déjà plusieurs gigaoctets de données et plusieurs centaines de dépôts internes.

Des noms très proches entre les deux fuites

Plusieurs archives présentes dans la nouvelle liste étaient déjà citées lors de la revendication du mois de mai, notamment mistral-inference-internal, mistral-inference-private, mistral-finetune-internal, mistral-common-internal ou encore mistral-lawyer-internal.

Ce chevauchement rend d’autant plus importante la vérification de la date réelle des fichiers. Sans cette analyse, il est impossible de déterminer quelle proportion des 339 archives correspond à une nouvelle extraction et quelle proportion pourrait provenir du précédent incident.

Le principal risque concerne le code et les secrets techniques

Contrairement à une fuite classique de données personnelles, le principal risque concerne ici la propriété intellectuelle et la sécurité des environnements de développement.

Des dépôts internes peuvent contenir des informations sur l’architecture des services, des prototypes non publics, des configurations, des outils d’administration ou encore des secrets techniques oubliés dans l’historique Git.

Ces informations peuvent ensuite être étudiées afin d’identifier des vulnérabilités ou préparer des attaques ciblées contre l’entreprise et ses outils.

Aucune fuite massive de données utilisateurs démontrée

La liste communiquée concerne avant tout des projets et dépôts de développement. Rien dans les éléments actuellement disponibles ne permet d’affirmer qu’une importante base de données contenant les informations personnelles des utilisateurs de Mistral AI a également été récupérée.

De la même manière, la présence de noms de clients ou partenaires dans certaines archives ne signifie pas que leurs propres données ont été compromises.

La nouvelle cyberattaque n’est pas encore confirmée par Mistral AI

À ce stade, la revendication d’une nouvelle compromission en septembre 2026 repose sur les déclarations de mrwho et sur l’arborescence diffusée avec son annonce.

L’existence de nombreux projets portant des noms explicitement internes ou privés donne du poids à la fuite revendiquée, mais ne permet pas encore d’établir quand ni comment ces fichiers ont été récupérés.

Mistral AI n’a pas confirmé publiquement cette nouvelle revendication au moment de la publication. Une réaction de l’entreprise sera déterminante pour savoir s’il s’agit réellement d’une seconde compromission en quelques mois ou de données issues de l’incident déjà reconnu au printemps.

Thomas Lazzaroni Thomas Lazzaroni
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