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KparK : ses fichiers de prospection touchés par le piratage de Bloctel

Une nouvelle pièce permet de préciser le périmètre de la fuite de 3 millions de numéros de téléphone liée à Bloctel. Cyberattaque.org s’est procuré une notification envoyée par KparK à des personnes concernées par l’incident. L’entreprise indique que leur numéro de téléphone figurait dans des fichiers de prospection transmis au service Bloctel et accessibles à la suite de la compromission d’un compte professionnel.

Le document décrit le même mécanisme que celui confirmé quelques jours plus tôt par la DGCCRF : l’usurpation d’un compte professionnel utilisateur de Bloctel, permettant de télécharger des fichiers contenant des numéros de téléphone avant et après leur vérification auprès de la liste d’opposition au démarchage. À ce stade, rien ne permet toutefois d’établir que ce compte appartenait directement à KparK ni que l’incident trouve son origine dans les systèmes de l’entreprise.

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KparK, spécialiste français de la rénovation de l’habitat

KparK est une entreprise spécialisée dans la rénovation de l’habitat et commercialise notamment des fenêtres, volets, portes, baies vitrées et portails sur mesure. Créée en 1989, l’enseigne revendique aujourd’hui un réseau de 140 magasins et une fabrication de ses menuiseries en France.

L’entreprise informe désormais directement certaines personnes que leur numéro de téléphone figure parmi les données concernées par l’incident ayant affecté des fichiers traités via Bloctel. Cette notification établit que KparK est concerné par les conséquences de l’incident, sans permettre de déterminer à ce stade son rôle exact dans la chaîne de transmission ou de traitement des fichiers.

Un email qui fait directement le lien avec l’incident Bloctel

Dans la notification consultée par Cyberattaque.org, KparK explique que le numéro de téléphone du destinataire est concerné par un incident affectant des « fichiers de prospection transmis au service Bloctel ».

L’entreprise précise qu’un tiers non autorisé a usurpé un compte professionnel utilisateur du service afin d’y accéder et de télécharger deux catégories de fichiers :

  • un fichier contenant des numéros de téléphone provenant du professionnel utilisateur de Bloctel ;
  • le fichier retourné par Bloctel après vérification auprès de la liste d’opposition au démarchage téléphonique.

Cette description correspond précisément au fonctionnement de l’incident révélé le 6 août par Cyberattaque.org, puis confirmé officiellement quelques jours plus tard par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

3 millions de numéros récupérés lors de l’incident

Le 12 août 2026, la DGCCRF avait confirmé qu’un accès frauduleux à un compte professionnel avait permis à un tiers de récupérer des fichiers contenant environ 3 millions de numéros de téléphone.

Parmi eux, environ 600 000 numéros appartenaient à des personnes inscrites sur Bloctel. L’administration avait également confirmé que seuls des numéros de téléphone avaient été exposés, sans noms, adresses ou autres catégories de données personnelles.

La DGCCRF précisait par ailleurs que la base de données centrale de Bloctel n’avait pas elle-même été compromise. L’incident reposait sur l’accès frauduleux à un compte professionnel autorisé à utiliser le service.

Quel est exactement le lien entre KparK et le compte compromis ?

La notification envoyée par KparK apporte un nouvel élément sur le périmètre de la fuite : elle confirme que des numéros concernant des personnes auxquelles l’entreprise adresse aujourd’hui une notification figurent parmi les données touchées par l’incident Bloctel.

Elle ne permet en revanche pas de déterminer qui était propriétaire du compte professionnel compromis. Celui-ci pouvait appartenir directement à KparK, mais également à un prestataire ou un intermédiaire intervenant dans le traitement de fichiers de prospection.

Il n’est donc pas possible, sur la seule base de cette notification, d’attribuer la compromission à KparK ou d’affirmer que ses propres systèmes ont été piratés. Le document permet uniquement d’établir que des données dont l’entreprise informe aujourd’hui les personnes concernées figuraient dans les fichiers accessibles via le compte compromis.

Il serait également prématuré de conclure que les 3 millions de numéros récupérés proviennent tous d’un même fichier ou sont tous liés à KparK. Le nombre exact de numéros concernés dans le cadre de cette notification n’est pas précisé.

Seul le numéro de téléphone est concerné selon la notification

Dans son courrier, KparK indique que la seule donnée personnelle identifiée comme affectée pour les destinataires de la notification est le numéro de téléphone. Aucune autre catégorie de données les concernant n’aurait été exposée dans le cadre de cet incident.

Le courrier précise également que le compte professionnel concerné a été bloqué dès la confirmation de l’incident. L’ensemble des comptes professionnels aurait ensuite fait l’objet de vérifications et les comptes identifiés comme inactifs auraient été verrouillés.

Des investigations techniques sont toujours menées afin de déterminer précisément les circonstances, l’origine et le périmètre de la compromission. L’incident a également été notifié à la CNIL.

Un numéro seul reste exploitable par des cybercriminels

L’absence de noms, d’adresses ou de coordonnées bancaires limite la gravité immédiate de la fuite. Un fichier composé uniquement de numéros de téléphone reste toutefois exploitable, notamment lorsqu’il peut être croisé avec d’autres bases de données déjà compromises.

  • campagnes de SMS frauduleux ou de phishing ;
  • appels téléphoniques malveillants ;
  • croisement avec d’autres fuites permettant d’identifier le propriétaire d’un numéro ;
  • enrichissement de bases utilisées pour le spam ou le démarchage illégal ;
  • tentatives d’usurpation auprès de services utilisant le numéro de téléphone comme identifiant.

La DGCCRF recommande notamment aux personnes concernées de rester vigilantes face aux SMS et appels inconnus, aux demandes inhabituelles de modification de compte ou encore aux tentatives de changement de carte SIM.

Une nouvelle pièce qui précise le périmètre de la fuite Bloctel

Lorsque Cyberattaque.org avait révélé la fuite le 6 août, l’origine précise des quelque 3 millions de numéros restait inconnue. La confirmation officielle de la DGCCRF avait ensuite établi qu’ils provenaient de fichiers accessibles depuis un compte professionnel Bloctel compromis, sans révéler l’identité du titulaire de ce compte.

La notification envoyée par KparK apporte aujourd’hui un nouvel élément : elle confirme que des personnes informées par l’entreprise figurent parmi celles dont le numéro de téléphone a été concerné par l’incident.

Elle ne permet toutefois pas d’établir que KparK était le titulaire du compte compromis, que l’entreprise est à l’origine de l’ensemble des fichiers contenant les 3 millions de numéros ou que ses propres infrastructures ont été piratées. Le rôle exact de KparK ou d’un éventuel prestataire dans la chaîne de traitement reste donc à déterminer.

Thomas Lazzaroni Thomas Lazzaroni
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