Le restaurant Courtepaille Bayeux fait l’objet d’une revendication de fuite de données publiée le 16 octobre 2026. Le hacker rea affirme vendre un fichier contenant 8 734 lignes attribuées aux clients de l’établissement.
Mais au-delà des coordonnées classiques, la structure de la base est particulièrement intéressante : elle ressemble directement à l’extraction d’un outil de réservation et de gestion de la relation client, capable de classer les visiteurs selon leur fidélité, leurs habitudes ou encore les réservations manquées.
Un échantillon de 734 fiches analysé
Cyberattaque.org s’est procuré l’échantillon diffusé par le hacker. Celui-ci contient 734 enregistrements au format JSONL.
On y retrouve notamment les noms des clients et, selon les fiches, leurs prénoms, adresses email et numéros de téléphone. Dans cet échantillon, 293 lignes comportent une adresse email et 301 un numéro de téléphone.
La base contient également des champs professionnels, des informations linguistiques et différentes métadonnées utilisées pour gérer les clients.

Les clients sont classés selon leur fidélité
La fuite ne contient pas uniquement un carnet de contacts. Chaque fiche peut également comporter un niveau de fidélisation et un statut attribué au client.
Dans l’échantillon apparaissent par exemple des catégories comme « Good customer », « Very good customer » ou « Excellent customer », ainsi que des indicateurs permettant de distinguer les clients récents, réguliers, très réguliers ou à relancer.
Des champs permettent aussi d’indiquer si une personne est nouvelle, VIP, inscrite à certaines communications ou si elle a déjà effectué un « no-show », c’est-à-dire une réservation à laquelle elle ne s’est pas présentée.
Des commentaires liés aux réservations apparaissent également
L’échantillon contient aussi un champ de commentaire associé au client. Il est renseigné dans 29 des 734 fiches analysées et peut contenir des indications utilisées lors des réservations, par exemple concernant une terrasse, une table ou des besoins particuliers.
Le schéma de la base prévoit également des champs consacrés aux allergies, dates de naissance et adresses postales. Ils sont toutefois vides dans l’intégralité de l’échantillon analysé par Cyberattaque.org : leur présence dans la structure ne permet donc pas d’affirmer que ces informations figurent réellement dans les 8 734 lignes revendiquées.
La piste d’un outil de réservation plutôt que du site du restaurant
Les captures publiées avec la revendication montrent également un outil de gestion des réservations. La structure du fichier va dans le même sens : identifiants clients, taux de rétention, profils sociaux, préférences marketing, commentaires et indicateurs de fréquentation sont réunis dans une même fiche.
Tout indique donc que les données pourraient provenir d’un outil utilisé par le restaurant pour gérer ses clients et ses réservations, plutôt que d’une simple extraction du site internet. La méthode employée pour obtenir cet accès reste inconnue.
Un historique qui remonte à 2021
Les 734 fiches analysées ont été créées entre juin 2021 et octobre 2026. Certaines ont encore été mises à jour le jour même de la publication de la revendication.
Les 8 734 lignes annoncées par rea ne doivent cependant pas être assimilées automatiquement à 8 734 personnes uniques tant que l’intégralité du fichier n’a pas été analysée et dédupliquée.
De quoi construire des arnaques beaucoup plus crédibles
La combinaison d’un nom, d’un email ou d’un téléphone avec des informations permettant de savoir qu’une personne fréquente le restaurant peut faciliter des campagnes de phishing très ciblées.
Un fraudeur pourrait notamment se faire passer pour le restaurant en évoquant une réservation, une confirmation de table, une offre commerciale ou un problème concernant une visite récente.
À ce stade, Courtepaille n’a pas publiquement confirmé cette revendication. Le volume de 8 734 lignes reste donc celui annoncé par le hacker, tandis que l’échantillon analysé confirme pour sa part la présence de données clients et de métadonnées directement liées à leur gestion dans un outil de réservation.