Attaque

Centre Hospitalier de Perpignan : des dossiers de patients en fuite

Le Centre Hospitalier de Perpignan fait l’objet d’une revendication publiée le 19 juillet 2026 par un collectif se présentant comme hacktiviste. Le dépôt annoncé contiendrait des documents professionnels liés à l’établissement, dont des informations sur des patients, des éléments de facturation et un modèle d’ordonnance modifiable.

À ce stade, aucun élément public ne permet toutefois de confirmer une intrusion directe dans le système d’information de l’hôpital. Les fichiers pourraient plutôt provenir d’une archive cloud personnelle attribuée à un agent du SAMU, mêlant documents professionnels et fichiers strictement privés.

Une revendication visant le principal hôpital des Pyrénées-Orientales

Le Centre Hospitalier de Perpignan est le principal établissement public de santé des Pyrénées-Orientales. La revendication s’inscrit dans une campagne plus large visant plusieurs organisations françaises.

Les auteurs présentent le dépôt comme le résultat d’une anomalie détectée sur un serveur de l’établissement. Cette version reste cependant incertaine et n’est appuyée par aucune confirmation officielle.

Des documents professionnels et personnels mélangés

Le contenu décrit ne ressemble pas nécessairement à l’export structuré d’un système hospitalier. Il s’agirait plutôt d’un ensemble hétérogène de fichiers provenant d’un espace de stockage personnel ou professionnel mal sécurisé.

Les documents annoncés comprennent notamment :

  • un modèle d’ordonnance modifiable ;
  • des documents de facturation ;
  • des informations concernant des patients ;
  • des données liées à l’activité professionnelle ;
  • un support de sensibilisation au hantavirus ;
  • des documents personnels sans lien direct avec l’hôpital.

Quelles données pourraient être exposées ?

Selon les éléments disponibles, les fichiers pourraient contenir plusieurs catégories d’informations sensibles :

  • nom complet ;
  • date de naissance ;
  • signature ;
  • données de santé ;
  • éléments de dossier médical ;
  • données d’emploi ;
  • informations professionnelles ;
  • documents administratifs ;
  • champs libres et commentaires.

Le nombre de patients ou de personnes concernées n’a pas été communiqué.

Un modèle d’ordonnance modifiable particulièrement préoccupant

La présence revendiquée d’un modèle d’ordonnance modifiable augmente la sensibilité du dépôt. Un tel document pourrait être détourné pour créer de faux justificatifs ou renforcer la crédibilité de fraudes utilisant l’identité visuelle de l’établissement.

La simple présence d’un modèle ne prouve toutefois pas qu’il puisse être utilisé comme une ordonnance valide. Son niveau d’authenticité, les signatures éventuelles et les éléments de sécurisation doivent être vérifiés.

Une fuite cloud plus probable qu’une compromission de l’hôpital

Le mélange de fichiers médicaux, professionnels et strictement personnels suggère qu’un compte cloud individuel ou un espace de stockage utilisé par un agent pourrait avoir été compromis ou laissé accessible.

Plusieurs scénarios sont possibles : mot de passe réutilisé, compte personnel compromis, lien de partage public, mauvaise configuration du stockage ou vol d’identifiants. Aucun élément ne permet encore de trancher.

Des risques pour les patients concernés

Les données de santé et les éléments de dossiers médicaux sont particulièrement sensibles. Ils peuvent être exploités pour du chantage, du harcèlement, du phishing ciblé ou des tentatives d’usurpation d’identité.

Un attaquant disposant du nom, de la date de naissance et d’informations médicales d’une personne peut créer des messages frauduleux très crédibles en se faisant passer pour l’hôpital, un médecin, le SAMU ou l’Assurance Maladie.

Quels scénarios de fraude sont possibles ?

Les informations revendiquées pourraient être utilisées dans plusieurs types d’attaques :

  • faux message de l’hôpital ;
  • fausse facture médicale ;
  • fausse convocation ;
  • demande frauduleuse de documents de santé ;
  • fausse ordonnance ou justificatif ;
  • usurpation d’un professionnel du SAMU ;
  • chantage lié à des informations médicales.

Une revendication encore très incertaine

Ni le Centre Hospitalier de Perpignan ni les autorités n’ont confirmé l’incident à ce stade. L’origine des fichiers, leur authenticité, leur ancienneté et le nombre réel de personnes concernées restent inconnus.

Il convient donc de distinguer deux scénarios : une compromission directe de l’établissement, qui n’est pas démontrée, ou l’exposition d’une archive personnelle contenant des documents professionnels. Les éléments disponibles rendent actuellement le second scénario plus vraisemblable.

Thomas Lazzaroni Thomas Lazzaroni
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