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Sinequae : 65 Go de données judiciaires et financières revendiqués par un ransomware

SINEQUAE, société française de commissaires de justice, est visée par une importante revendication de fuite de données attribuée au groupe cybercriminel LAMASHTU. Les attaquants affirment avoir dérobé environ 65 Go de données, représentant près de 80 000 fichiers.

La nature des documents revendiqués rend l’incident particulièrement sensible : dossiers de recouvrement, décisions de justice, pièces d’identité, coordonnées bancaires, informations sur des dettes ou encore données patrimoniales figureraient parmi les fichiers récupérés.

SINEQUAE, une société de commissaires de justice présente dans toute la France

Fondée en 1992, SINEQUAE est une société multi-offices de commissaires de justice, profession autrefois connue sous le nom d’huissier de justice. Elle rassemble plus de 200 professionnels et dispose de plusieurs offices répartis en France.

Ses activités comprennent notamment le recouvrement de créances, l’exécution de décisions de justice, la signification d’actes, les constats et la gestion de différents contentieux. La compromission potentielle de son système d’information peut donc concerner des documents judiciaires et financiers particulièrement sensibles.

Sinequae cyberattaque

65 Go et près de 80 000 fichiers revendiqués

LAMASHTU affirme avoir récupéré environ 65 Go de données appartenant à SINEQUAE. L’ensemble représenterait près de 80 000 fichiers, dont une grande partie semble concerner des dossiers traités entre 2022 et 2026.

Ces volumes restent à ce stade ceux revendiqués par les cybercriminels. Cyberattaque.org a toutefois pu observer plusieurs documents diffusés pour appuyer leurs affirmations, dont certains sont directement liés à SINEQUAE et à des procédures judiciaires.

Jugements, saisies et procédures de recouvrement

Les fichiers annoncés comprennent notamment des documents relatifs au recouvrement de créances et à l’exécution de décisions judiciaires.

Selon les informations publiées par LAMASHTU, l’archive contiendrait des jugements, injonctions de payer, assignations, saisies bancaires, saisies de véhicules, dossiers hypothécaires et procédures immobilières.

Dans certains cas, plusieurs documents semblent permettre de suivre une procédure dans son ensemble, depuis la demande initiale jusqu’aux différentes mesures de recouvrement ou d’exécution.

Pièces d’identité et coordonnées bancaires

La revendication fait également état de nombreuses données personnelles et financières. Parmi les documents annoncés figureraient des cartes d’identité, permis de conduire, adresses postales, RIB, IBAN et informations relatives aux comptes bancaires.

D’autres fichiers permettraient d’identifier les dettes de particuliers ou d’entreprises, les échéanciers mis en place, les sommes déjà versées, les soldes restant dus ainsi que certains contrats de crédit ou de financement.

Le patrimoine de certaines personnes pourrait être exposé

Certains documents revendiqués touchent également au patrimoine immobilier. Ils feraient notamment apparaître des références cadastrales, des parcelles, des informations relatives à la propriété de biens, à des hypothèques ou encore à des procédures de saisie.

Pris séparément, chacun de ces éléments est déjà sensible. Mais leur regroupement dans des dossiers judiciaires pourrait permettre de reconstituer de manière extrêmement précise la situation personnelle, bancaire, judiciaire et patrimoniale de certaines personnes.

Des dossiers liés à l’URSSAF, des pharmacies et des entreprises

L’archive revendiquée contiendrait également des documents relatifs à différentes entreprises et organisations. Des échanges concernant notamment l’URSSAF apparaîtraient dans les données, avec des informations liées à des cotisations, des paiements ou des procédures de recouvrement.

Des dossiers concernant des pharmacies et différentes sociétés figureraient également parmi les fichiers. Leur présence est cohérente avec l’activité de recouvrement exercée par une société de commissaires de justice, mais leur nombre exact et l’étendue des informations exposées restent à déterminer.

Des documents judiciaires diffusés comme preuves

Pour appuyer sa revendication, LAMASHTU a publié plusieurs documents présentés comme provenant des données récupérées. Cyberattaque.org a notamment observé des éléments faisant directement référence à SINEQUAE, ainsi que des décisions judiciaires concernant des particuliers et différentes entreprises.

Ces documents ne représentent toutefois qu’un échantillon des quelque 80 000 fichiers revendiqués. Ils ne permettent pas à eux seuls de mesurer précisément le nombre de personnes concernées ni de confirmer l’intégralité du volume annoncé par les cybercriminels.

LAMASHTU menaçait de publier les données le 7 octobre

La revendication de LAMASHTU a été publiée le 26 septembre 2026. Le groupe annonçait alors une diffusion des données pour le 7 octobre à midi si ses exigences n’étaient pas satisfaites.

À ce stade, les 65 Go de données et près de 80 000 fichiers correspondent toujours aux volumes avancés par les attaquants. Cyberattaque.org n’a pas connaissance d’une communication publique de SINEQUAE confirmant précisément l’étendue de la compromission ou le nombre de personnes potentiellement concernées.

Un risque particulièrement important de fraude ciblée

Une fuite touchant une société de commissaires de justice présente un risque particulier en raison de la quantité d’informations vérifiées pouvant être réunies dans un même dossier.

Des cybercriminels disposant simultanément du nom d’une personne, de son adresse, de ses coordonnées bancaires, du montant d’une dette et des références exactes d’une procédure pourraient construire des tentatives de fraude extrêmement crédibles.

Les personnes concernées pourraient notamment être exposées à des tentatives de phishing, d’usurpation d’identité, de fraude bancaire ou de faux recouvrement. Un attaquant pourrait par exemple se faire passer pour un commissaire de justice, une banque ou un créancier en reprenant des informations authentiques issues du dossier de sa victime.

Thomas Lazzaroni Thomas Lazzaroni
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