Attaque

Le Ministère de la Transition écologique confirme une cyberattaque : plus de 22 000 profils exposés

Le ministère de la Transition écologique fait l’objet d’une nouvelle revendication de cyberattaque. Le hacker mondial, avec la participation de Snufkxn, affirme avoir récupéré puis publié deux ensembles de données provenant de systèmes distincts rattachés au domaine developpement-durable.gouv.fr.

Au total, les deux fichiers représentent 22 822 enregistrements. Le premier concerne des comptes liés à l’environnement numérique du pôle ministériel, tandis que le second contient des informations relatives à des contrôleurs et professionnels enregistrés dans un outil de surveillance utilisé par l’administration.

Le ministère intervient notamment dans les domaines de l’environnement, de la prévention des risques naturels et technologiques et de la sécurité industrielle. Son système d’information dessert un périmètre particulièrement large, allant de l’administration centrale aux services déconcentrés présents sur le territoire.

Deux jeux de données provenant de systèmes distincts

Selon la revendication, les informations ne proviendraient pas d’une base unique. Le premier accès aurait été obtenu depuis un service d’authentification à la suite d’une mauvaise configuration d’API. Le second concernerait OISO, l’Outil Informatique de Surveillance des Organismes, où un défaut de contrôle d’accès de type IDOR aurait permis d’accéder à des informations normalement réservées aux utilisateurs autorisés.

Le ministère exploite notamment Cerbère, son portail d’authentification permettant d’identifier les utilisateurs et de gérer leurs habilitations sur différentes applications. La documentation officielle distingue notamment les utilisateurs agents, intégrés à l’annuaire ministériel, des utilisateurs externes.

8 166 comptes liés à l’environnement ministériel

Le premier fichier comprend 8 166 fiches utilisateurs. Les champs présents font apparaître principalement des comptes professionnels rattachés à des administrations et services utilisant l’environnement numérique du pôle ministériel.

Les informations associées comprennent notamment des noms et prénoms, adresses e-mail professionnelles, identifiants, matricules et coordonnées téléphoniques. S’y ajoutent des données organisationnelles particulièrement détaillées permettant de connaître le service, la direction, l’unité ou encore le bureau de rattachement de certains utilisateurs.

Le périmètre apparaît plus large que les seuls agents de l’administration centrale. Les rattachements présents dans le fichier renvoient à différentes structures et services appartenant au même environnement administratif.

Ministère de la Transition écologique cyberattaque

14 656 entrées dans l’outil OISO

Le second fichier comporte 14 656 lignes relatives à des personnes enregistrées dans OISO. Les données permettent d’associer les contrôleurs à leur activité professionnelle et à l’organisme pour lequel ils interviennent.

  • identité et date de naissance ;
  • numéro d’agrément et identifiant interne ;
  • domaine ou métier de contrôle ;
  • dates associées aux habilitations ;
  • numéro de téléphone professionnel ;
  • organisme de rattachement et statut d’activité.

OISO n’est pas un simple annuaire professionnel. Des textes officiels décrivent cette application comme un outil utilisé dans le cadre de la surveillance des organismes habilités. Elle permet notamment de déclarer certaines opérations de contrôle et, selon les procédures concernées, de transmettre à l’administration des programmes d’intervention ou des attestations de conformité et de refus.

Des données bien plus précises qu’un annuaire public

La nature des informations présentes change sensiblement la portée de cette exposition. Il ne s’agit pas uniquement de coordonnées professionnelles pouvant déjà être retrouvées publiquement : les fichiers comportent également des identifiants internes, matricules, rattachements administratifs détaillés, dates de naissance, numéros d’agrément et informations d’habilitation.

Dans la seconde base, le rapprochement entre une identité, un organisme, une activité de contrôle et des références d’agrément permet de dresser un profil professionnel particulièrement précis des personnes concernées.

Des informations exploitables pour des usurpations ciblées

Pour les comptes administratifs, la principale menace vient de la précision des informations organisationnelles exposées. Connaître l’identité, l’adresse professionnelle, le matricule et le service exact d’un agent permet de construire des messages de phishing beaucoup plus crédibles, en reproduisant par exemple une communication interne ou une demande provenant d’un autre service.

Les données relatives aux contrôleurs peuvent également faciliter des tentatives d’usurpation. L’association d’un nom, d’un organisme, d’une spécialité et d’un numéro d’agrément fournit suffisamment de contexte pour rendre crédible une prise de contact frauduleuse auprès d’une entreprise ou d’un exploitant.

Un incident informatique touche parallèlement le ministère

La publication de ces fichiers intervient alors que plusieurs services et sites gouvernementaux liés au ministère de la Transition écologique sont indisponibles ce mercredi 2 septembre. Plusieurs plateformes affichent un message de maintenance et des perturbations touchent également certains services territoriaux.

L’ANSSI a indiqué mener des investigations sur cet incident. Une source syndicale citée par plusieurs médias évoque de son côté des dysfonctionnements consécutifs à une « intrusion malveillante ». À ce stade, aucun élément public ne permet cependant d’établir un lien entre cet incident et les deux ensembles de données revendiqués par mondial et Snufkxn.

Une revendication qui reste à confirmer officiellement

Les deux ensembles de données ont été publiés le 2 septembre 2026. Le ministère confirme, ce mercredi soir, avoir subi une cyberattaque.

La structure des fichiers, la cohérence des champs et la nature des informations qu’ils contiennent correspondent toutefois aux populations et aux environnements décrits dans la revendication. L’origine exacte des accès, leur durée et l’étendue des systèmes concernés restent encore à déterminer.

Thomas Lazzaroni Thomas Lazzaroni
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