Klark.ai, plateforme française d’intelligence artificielle dédiée au service client, fait l’objet d’une importante revendication de fuite de données. Le hacker 0xSec affirme avoir récupéré plus de 140 Go de données provenant de quatre bases différentes.
L’ensemble représenterait 162 fichiers CSV, dont plusieurs dépassent les deux millions de lignes. Le périmètre humain est estimé autour de 500 000 personnes.

Klark.ai, une IA utilisée par les équipes de support
Klark.ai développe une plateforme d’intelligence artificielle destinée aux équipes de relation client. Son service permet notamment de générer automatiquement des suggestions de réponses et de construire une base de connaissances à partir des conversations déjà traitées.
Cette activité explique la nature particulièrement large des informations revendiquées : la fuite ne concernerait pas uniquement les utilisateurs directs de Klark.ai, mais également des échanges issus des services clients des entreprises utilisant la plateforme.
Conversations, données personnelles et secrets techniques
Selon 0xSec, les quatre bases contiennent notamment :
- noms, prénoms, e-mails et numéros de téléphone ;
- hachages de mots de passe ;
- conversations et échanges de support ;
- journaux techniques ;
- clés API et secrets d’API ;
- quelques coordonnées bancaires de type IBAN ;
- différentes autres données liées aux comptes et aux conversations.
Le hacker affirme avoir volontairement interrompu son extraction alors qu’il aurait pu récupérer davantage de données.
Des centaines de milliers de conversations de grandes enseignes
Les organisations les plus représentées en volume de conversations et les plus connues sont notamment : Showroomprivé, BUT, Click & Boat, Vestiaire Collective, La Fourche, Upway, Alltricks, Cultura, Side, Back Market, Santévet, Ultra Premium Direct, Ramify, Tikamoon, Mirakl, Wonderbox, Getaround, Swan et Infogreffe.
La présence de ces entreprises dans les bases ne signifie pas que leur propre système d’information a été compromis. Les données semblent avant tout provenir des conversations et comptes traités à travers la plateforme Klark.ai.
Des agents de support mais surtout leurs clients
Le périmètre humain ne se limiterait donc pas aux salariés de Klark.ai. Les personnes potentiellement concernées seraient principalement les agents de support utilisant la solution ainsi que les clients ayant échangé avec eux.
Les premières investigations placent le nombre de personnes concernées autour de 500 000. Le très grand nombre de lignes et la présence possible d’une même personne dans plusieurs conversations compliquent fortement la déduplication.
Les conversations représentent un risque particulier
Une fuite de conversations de support peut être particulièrement exploitable. Ces échanges peuvent contenir des informations très contextualisées sur un achat, un problème rencontré, un compte client ou une démarche en cours.
Associées aux noms, e-mails et téléphones, ces données peuvent permettre de construire des campagnes de phishing extrêmement crédibles en reprenant le nom d’une enseigne, une demande réelle ou un échange récent avec son service client.
Des clés API qui pourraient élargir la compromission
La présence revendiquée de clés API et de secrets techniques constitue un autre point sensible. Si certains de ces éléments sont encore valides, ils pourraient théoriquement permettre des accès supplémentaires à des services connectés ou faciliter de nouvelles compromissions.
À ce stade, les chiffres de plus de 140 Go, quatre bases et 162 fichiers CSV proviennent de la revendication de 0xSec. Le volume annoncé et la diversité des organisations représentées font néanmoins de cette fuite potentielle un incident particulièrement important pour l’écosystème français du service client.