Attaque

2,2 millions de lignes et 50 000 digicodes liées à Citya en fuite après la cyberattaque contre Snexi

Snexi, spécialiste français des états des lieux et du diagnostic immobilier, confirme avoir été victime d’une cyberattaque le mercredi 2 septembre 2026. Neuf jours plus tard, une revendication vient désormais donner une tout autre dimension à l’incident : un hacker affirme détenir une base contenant 2 249 970 lignes de données liées à Citya Immobilier, représentant selon lui plus de 1,1 million de personnes.

La publication évoque également près de 50 000 digicodes. Les premiers éléments consultés par Cyberattaque.org montrent des dossiers correspondant directement à des prestations d’état des lieux et contenant notamment des informations sur des locataires, propriétaires, logements et agences immobilières.

Snexi Citya cyberattaque

Une base présentée comme provenant de Citya Immobilier

La revendication publiée le 11 septembre 2026 présente les données comme provenant de Citya Immobilier. L’auteur affirme disposer de 2 249 970 lignes concernant 1 139 584 personnes et faisant apparaître 1 833 agences.

Les données seraient réparties dans plusieurs fichiers au format JSON représentant au total près de 2 Go. Le hacker affirme également que ces fichiers contiennent près de 50 000 digicodes associés à des logements.

Des dossiers qui correspondent à l’activité de Snexi

Cyberattaque.org s’est procuré des échantillons associés à cette revendication. Leur structure correspond à des dossiers liés à des interventions immobilières et plus particulièrement à des prestations proches de celles réalisées par Snexi.

Les enregistrements consultés peuvent contenir le nom du locataire et du propriétaire, leurs coordonnées, l’agence ou le donneur d’ordre, le nom de la personne ayant commandé l’intervention, l’expert chargé du dossier ainsi que de nombreuses informations relatives au logement.

On retrouve notamment des adresses précises, numéros de lot ou de porte, surfaces, bâtiments, étages, informations sur le chauffage ainsi que, dans certains dossiers, un digicode permettant d’accéder à l’immeuble.

Certains enregistrements contiennent également des dates de rendez-vous. Les échantillons comprennent des interventions programmées en septembre 2026, dont certaines à une date postérieure à la publication de la revendication, ce qui laisse penser que la base contient des informations particulièrement récentes.

Snexi et Citya appartiennent au même groupe

Le rapprochement entre la cyberattaque confirmée par Snexi et cette revendication visant Citya n’est pas anodin. Snexi et Citya Immobilier appartiennent au même écosystème immobilier Arche. Snexi intervient notamment dans les états des lieux et diagnostics immobiliers proposés aux professionnels de la gestion locative.

Les données visibles dans les échantillons citent directement plusieurs agences du réseau Citya ou des entités qui lui sont liées comme donneurs d’ordre. Elles présentent ensuite les informations relatives au locataire, au propriétaire et au logement concerné par l’intervention.

À ce stade, rien ne permet toutefois d’affirmer que les systèmes informatiques de Citya Immobilier ont eux-mêmes été compromis. La revendication est présentée sous le nom de Citya, mais la nature des fichiers laisse ouverte la possibilité qu’ils proviennent d’un outil utilisé pour la gestion des interventions ou des états des lieux.

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Snexi avait confirmé une violation de données personnelles

Quelques jours avant cette revendication, Snexi avait déjà reconnu avoir subi une cyberattaque le 2 septembre ayant entraîné une violation de données personnelles.

L’entreprise indiquait alors que les données potentiellement compromises pouvaient comprendre, selon les profils, des noms, prénoms, adresses e-mail, adresses postales et numéros de téléphone. Elle précisait ne détenir dans l’environnement concerné aucune donnée financière, bancaire ou donnée sensible.

Snexi précisait également que ses investigations devaient encore déterminer la nature exacte des données touchées ainsi que les personnes concernées. Aucun nombre de victimes n’avait alors été communiqué.

La présence de milliers de digicodes pose un risque supplémentaire

La revendication fait apparaître un élément qui n’avait jusqu’ici pas été communiqué publiquement : la possible présence de dizaines de milliers de codes d’accès à des immeubles.

Contrairement à une simple adresse e-mail ou à un numéro de téléphone, un digicode encore actif peut avoir une conséquence directe sur la sécurité physique d’un bâtiment. Le risque dépend toutefois de l’ancienneté des codes, de leur éventuelle modification depuis la constitution des dossiers et de la possibilité de les rattacher précisément à une adresse.

La CNIL informée de la cyberattaque

Snexi indique avoir pris des mesures dès la détection de l’incident afin de sécuriser ses systèmes et limiter les conséquences de l’attaque. La violation de données a également été notifiée à la CNIL.

La combinaison entre identités, coordonnées, adresses de logements et informations immobilières peut également faciliter des campagnes de phishing particulièrement crédibles ou des tentatives d’usurpation ciblant propriétaires et locataires.

Les investigations doivent maintenant permettre de déterminer si la revendication publiée le 11 septembre correspond effectivement aux données dérobées lors de la cyberattaque reconnue par Snexi, ainsi que de préciser le nombre réel de personnes concernées et l’origine exacte de l’exfiltration.

Thomas Lazzaroni Thomas Lazzaroni
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