Attaque

Capgemini : 722 470 fichiers d’Altran menacés de publication dans 6 jours

Capgemini est actuellement visé par une opération d’extorsion attribuée au groupe de ransomware Everest. Les cybercriminels affirment détenir 13,08 Go de données représentant 722 470 fichiers issus d’un ancien dépôt interne d’Altran, dont les activités d’ingénierie et de R&D sont aujourd’hui intégrées à Capgemini Engineering.

Un compte à rebours affiche encore six jours avant une éventuelle publication. À ce stade, cette présence sur le site d’extorsion d’Everest permet de confirmer la pression exercée sur Capgemini, mais ne permet pas d’affirmer que les systèmes de l’entreprise ont été chiffrés.

Cyberattaque capgemini
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Capgemini, géant français du numérique et de l’ingénierie

Capgemini est l’un des principaux groupes français de services numériques, de conseil et d’ingénierie. Le groupe a intégré les activités d’Altran au sein de Capgemini Engineering, qui regroupe notamment des compétences en développement logiciel, systèmes embarqués, R&D, industrie, data et transformation numérique.

13 Go et plus de 722 000 fichiers attribués à Altran

Selon les informations publiées par Everest, le dépôt contient exactement 722 470 fichiers pour 13,08 Go. Les données seraient réparties dans 26 grandes archives ZIP, elles-mêmes accompagnées de 876 archives imbriquées.

Le contenu apparaît essentiellement historique et provient de différentes activités d’Altran : développement logiciel, ingénierie embarquée, Documentum, projets clients, transformation numérique, recrutement, formation, Smart City ou encore dossiers destinés au secteur public.

CV, dossiers de consultants et suivi de facturation

Parmi les ensembles les plus sensibles figurent plusieurs dossiers liés aux candidats, salariés et consultants. L’inventaire mentionne des CV, dossiers de recrutement, profils de compétences, mini-CV, fichiers de suivi de consultants, documents de staffing et tableaux liés au suivi de la facturation.

Ces documents peuvent contenir des noms, coordonnées, parcours professionnels, formations, compétences techniques et informations liées au recrutement. Le nombre exact de personnes concernées n’est toutefois pas connu.

Des projets clients et publics dans les données

Le dépôt comporte également de nombreux documents relatifs à des projets clients et appels d’offres : propositions commerciales, spécifications techniques, plans de projet, estimations de coûts, cahiers des charges, documents de gouvernance ou encore correspondances.

Une partie concerne notamment des projets menés pour des organismes publics suédois, avec des éléments relatifs à des archives électroniques, intranets, migrations, contrôles d’accès, tests, exigences fonctionnelles et développements applicatifs. Plusieurs dizaines de fichiers MSG et EML sont également recensées.

Du code source et des projets d’ingénierie

L’ensemble contient aussi une quantité importante de matériel technique : code Java et JavaFX, applications web, configurations, scripts SQL, bibliothèques, fichiers compilés, projets embarqués, prototypes R&D et développements Documentum.

Il faut toutefois relativiser le chiffre de 722 470 fichiers. La grande majorité provient de deux ensembles techniques comprenant beaucoup de runtimes Java, bibliothèques, fichiers générés, composants tiers et artefacts de compilation. Tous ces fichiers ne correspondent donc pas à du code propriétaire développé par Altran.

Des données commerciales et Power BI

Everest affirme également détenir des documents liés à la transformation numérique, aux ventes et à l’analytics. On retrouve notamment des présentations commerciales, propositions clients, études de marché, feuilles de suivi de comptes, contenus IoT et Smart City ainsi que plusieurs fichiers Power BI.

Des références à de grands groupes apparaissent dans ces bibliothèques commerciales et techniques. Leur présence dans des présentations ou dossiers de référence ne signifie pas que leurs propres systèmes ont été compromis.

Des documents de sécurité et de contrôle interne

Le dépôt comprend aussi des procédures qualité, politiques informatiques, questionnaires d’audit, documents de gestion des risques, procédures de changement et de configuration ainsi que des supports liés à la sécurité.

Quelques fichiers portent des intitulés associés aux identifiants, mots de passe ou mécanismes cryptographiques. Leur seule présence ne permet cependant pas d’affirmer que des mots de passe en clair ou des clés privées exploitables figurent dans les données.

Un dépôt principalement historique

L’analyse temporelle montre surtout des documents produits entre le milieu des années 2000 et 2020. Les éléments techniques les plus riches semblent concentrés entre 2005 et 2017, tandis que les fichiers les plus récents concernent davantage le recrutement, le suivi de consultants, les ventes et certaines offres techniques.

Six jours avant une possible publication

Le principal risque est désormais celui d’une double extorsion : Everest utilise la menace de diffusion des données pour faire pression sur sa victime. Le compte à rebours affiché laisse actuellement six jours avant une éventuelle mise en ligne.

À ce stade, les 13,08 Go et 722 470 fichiers correspondent au périmètre revendiqué par Everest. L’inventaire décrit un ensemble très hétérogène mêlant données historiques d’Altran, projets techniques, documents commerciaux, dossiers de recrutement et fichiers liés à des clients, mais il ne permet pas à lui seul de déterminer le point d’entrée de l’attaque ni de confirmer un chiffrement des systèmes de Capgemini.

Thomas Lazzaroni Thomas Lazzaroni
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